Saturday, February 28, 2009

correspondanse


Non, le titre de cet article ne se résume pas à une grossière faute d'orthographe. Je parle bien de correspondanse, et non pas de correspondance; c'est un néologisme que j'emploie ici pour décrire la joie des échanges épistolaires. Vous savez, quand vous envoyez une lettre à quelqu'un par courrier. Ah bon? vous ne le faites jamais? Pas étonnant. C'est une magnifique habitude que j'ai perdue aussi. Et pourtant, j'adore écrire de longues lettres, dans lesquelles je raconte des milliers de trucs différents, passe du coq à lâne. En un rien de temps, je noircis des pages et des pages. Du moins, je le faisais, du temps où j'écrivais encore... Aujourd'hui, on se dit qu'on 'a plus le temps, internet nous a donné l'impression que le monde s'est raccourci, que les distances ont été virtuellement abolies. C'est de l'instantanée, du NOW!

Mais qu'est donc arrivé à la correspondanse, à ce rituel de prendre le stylo et écrire à en avoir mal au poignet, de plier les pages et les insérer dans une enveloppe, la timbrer, la déposer dans une petite boîte jaune et attendre... Attendre qu'elle arrive à destination, que la réponse nous parvienne à son tour... à force d'aller trop vite avec internet, on passe à côté du vrai plaisir de certaines choses, qui ne peut être obtenu qu'avec de la patience. Car le temps, on peut en faire notre plus fidèle allié à condition de l'accepter non pas comme une contrainte, mais comme un catalyseur. En prenant notre temps, on permet la montée progressive de l'excitation, l'attente devient partie intégrante du jeu...

Ça me manque d'écrire des lettres. Il serait peut être temps que je m'y remette...

Monday, February 23, 2009

David 1 - Goliath 0


Cher lecteur,

Mon côté cinéphile ne vous a pas échappé. Sans me prendre pour ce que je ne suis pas, j'ai donné maintes fois dans ce blog mon avis sur des films qui m'ont touché, une critique naïve et premier degré comme j'en suis capable, n'étant pas critique de cinéma.

Parmi les films que j'ai vu récemment, deux ont retenu mon atention: "Slumdog Millionaire" et "L'Étrange Cas de Benjamin Button". J'ai écrit deux articles très personnels et différents sur mon ressenti au sortir de chacun des deux films. Tandis que Benjamin Button, avec son budget faramineux, son Brad Pitt magistral, son scénario tiré d'une nouvelle de Fitzgerald et ses 13 nominations faisait office de favori aux Oscars, Slumdog, avec ses acteurs inconnus, son budget modeste et sa touche Bollywood, était considéré comme la bonne surprise de l'année, un outsider different des super productions made in US.

Je ne vais pas dire après coup lequel j'ai préféré, lisez les articles les concernant pour savoir de quelle façon ils m'ont touché différemment, ces films. Mais il est toutefois assez réjouissant de constater que, aujourd'hui, malgré les milliards que représente l'industrie cinématographique dans le monde, on arrive encore à faire rêver les gens avec trois fois rien, pour peu qu'on ait une histoire à raconter et un peu (beaucoup) de savoir faire pour mener son orchestre et tenir le spectateur scotché à son siège. Alors, Slumdog Millionaire et ses 8 prix raflés aux Oscars, nous rappelle que le cinéma, c'est avant d'être une question de moyens, une question de coeur et d'envie...

The Invisible Man


It's the story of a man. A man among men, who, for being just another man, stopped being an actual man. He first became the shadow of his old self. He kept living and working and laughing and crying and doing whatever a man is supposed to do, but he was already unable to feel all those things. He was the only one to know that everything had changed, no one else seemed to notice.

Then he became a Ghost. People around him felt his presence, but it was like he no longer had substance. They wondered if he was still a flesh and bone human being. He wandered amidst the crowd, no longer performing those human features he desperately tried to keep up with before. He lost shape, odour, touch, became more of an idea, a souvenir, than a person.

It took him years to disappear before the very eyes that saw him everyday, those same eyes who wondered for a minute then stopped paying attention, bees in the hive, busy with heir own lives...

It's the story of a man. A man who seeked for a little warmth in this cold, cold world. A man whose mind was put to a test in the madness of this age we live in. A man facing a destiny, trying to fulfill it, relentlessly fighting for his right to be. Until he was no more...

Profético

Este blog é nada mais do que profético; quando leio alguns dos artigos que escrevi há mais de dois anos atrás, dou-me conta de quanto eles se tornaram realidade. Alguns dos meus medos aqui expostos vieram à tona, e o triste sentimento habitual daquele que vê chegar uma catástrofe sem a poder impedir invadiu-me. Ao reler os famosos artigos, eu disse para comigo mesmo: "eu sabia..."

Kitsch Corps et Bling Bling à l'hôtel de la Monnaie


J'ai connu David LaChapelle à travers le magazine Vibe. Il a fait une des couvertures les plus choc du magazine, avec la rappeuse Lil' Kim maquillée comme une poupée et la bouche ouverte de façon à faire penser à une poupée gonflable! Shocking, et la série de photos à l'intérieur était tout aussi provocante. Par la suite, son nom n'a cessé de circuler dans le milieu hip hop en tant que réalisateur de clips(pour Kelis, Lil Kim, Macy Gray, Christina Aguilera, etc...), de documentaires ("Rize", documentaire sur le Krump), photographe (il a refait une couverture polémique montrant le non moins controversé Kanye West coiffé d'une couronne d'épines, se prenant pour Jesus himself!).

Curieux du travail de cet artiste à l'univers kitsch, de couleurs acidulées et de corps magnifiés, je suis allé voir son exposition à l'Hotel de la Monnaie, à Paris.
Le travail en soi ne m'a pas déplu, l'artiste employant l'humour aussi bien que des codes de la culture urbaine qui me sont familiers pour traiter ses thèmes de prédilection: la surconsommation de notre société,le culte du corps, l'adoration des stars aujourd'hui, les 15 minutes de gloire de plus en plus accessibles et éphémères, les dérives commises au nom de la religion...

Le vrai problème de cette exposition, c'est sa brièveté. Il y a des commentaires sur des oeuvres qui n'y sont pas, et pour cause, on fait le tour de l'expo en 20 minutes (ceci en prenant son temps!), il y a des photos emblématiques, voire des séries entières qui n'y figurent pas. Quand on nous la vend comme " la plus vaste et la plus complète [expo de LaChapelle] jamais organisée à ce jour en France", on est en droit de se demander s'il y en a eu d'autres, et si oui, ce qu'elles contenaient!

Bref, grosse déception à peu près rachetée par la librairie, où je me suis acheté le catalogue de l'exposition, et ai pu avoir un vrai aperçu de l'ensemble de cet artiste...

Wednesday, February 11, 2009

How many times can the lightning strike the same person?

"Have I told you I've been struck by a lightning seven times?"
All along the movie, we hear this old man tell Benjamin about when, where and how lightning managed to hit him several times, when he was just doing regular everyday life tasks, minding his own business... This metaphore for fate, for the randomnness of the events that occur and change (or not) the course of our lives was used as a leitmotiv during the whole motion picture.

Most people who hadn't seen the movie yet asked me what it was really about, and how good it was. Well, it 's the story of a man that is born old and gets younger as years go by. It's a story about people's attitude towards life. It's a tale of innocence, about appreciating simple things in life, and taking the best out of it. It's about not taking for granted one second of our lives, about learning to accept death, loss, and still believe that, while we are still breathing, the best may be still yet to come.

It's an "award" type of movie, the kind of odyssey beautifully directed, with an amazing casting, beautiful music, decor and special effects (Brad Pitt's performance, playing Benjamin Button throughout his whole life is simply stunning), the type that would bring tears out of the coldest stone hearted eyes. But, if we look past the cinematographic work, if we focus on the story, on the psychology of the character, we find a lonely person swimming against the tide, aware of the suddenness of life and the unpredictable paths it may lead us to. It all concurrs to a rather pessimistic conclusion at first sight, for he not only loses all of those he met and loved, but also sees them getting older as he keeps getting younger himself.

But there are some elements of hope. The lightning strikes 7 times the same person. Out of chaos, we don't know why, there is some consistency. And this man survives the 7 strikes long enough to talk about them for decades... It made me wonder wether or not the lightning had stroke me yet or not, in a good or a bad manner. I guess it does strike me every now and then, as it does to a lot of people everyday. But are we wise enough to aknowledge how lucky we are to still be here and talk about it? do we understand how these blows in our lives are just little rocks in the long road we go down, and are supposed to teach us a lesson? In the end, when we look at te big picture, which lightning strikes do we remember, and which ones make a real difference in our lives?

"Even the sun goes down, heroes eventually die
horoscopes often lie and sometimes why?
nothing is for sure, nothing is for certain, nothing lasts forever,
but until they close the curtain..."

Outkast, Aquemini

"I had two big accidents in my life Diego, the trolley and you. You are by far the worst."
Frida Kahlo to husband, Diego Rivera

Tuesday, February 03, 2009

SIGNATURE






On me demande souvent pourquoi je porte un chapeau... Est-ce pour "me la péter", comme je l'ai souvent entendu? Pour "copier Ne Yo?", une autre phrase assez courante.
La vraie raison est beaucoup, mais beaucoup plus simple: Parce que j'aime ça! Je suis assez frileux, et j'aime depuis toujours porter des bonnets, casquettes etc. C'est donc tout naturellement que, en essayant un chapeau appartenant à ma cousine, je l'ai aimé, j'ai commencé à le porter, puis j'en ai acheté un, histoire d'avoir le mien. Puis un autre. Et encore un autre. Au fur et à mesure, c'et devenu aussi naturel pour moi de porter un chapeau qu'un pantalon ou une chemise. Je comence à avoir une bonne petit collection, même si j'en ai perdu quelques uns, donné un...

La question qui se pose est donc la suivante: à partir de quand un accessoire, que ce soit un chapeau, des lunettes , une écharpe, un dos nu (!) devient notre "signature". Je ne porte pas le chapeau dans un but conscient de me différencier; là ou je les achète, tout le monde peut les acheter, ils sont en vente libre, donc là pour tous. Force est de constater que, malgré la "mode" actuelle des chapeaux, on n'en porte pas tant que ça. Pas au quotidien, en tout cas. Alors que une personne portant une casquette tous les jours ne va pas forcément être repérée comme "la personne à la casquette", il en va autrement avec le chapeau.

Ça me plaît, le fait que, même sans le vouloir, le fait de porter un chapeau m'ait conféré une identité, une manière de me différencier, partout où je vais. C'est la sacro sainte recherche de "l'unicité", la volonté d'être plus que juste un parmi tant d'autres. Le chapeau est devenu une partie de moi. Ma signature vestimentaire. Parfois, il arrive qu'on ne me reconnaisse pas sans, c'est dingue...